Leader incontesté de ce qu'on a
appelé l'Ecole de Berlin, nom qui désigne un style de musique
dominé par les séquenceurs et les longs solos de synthés,
Tangerine
Dream a marqué une parenthèse hallucinée
et fulgurante au coeur de la musique des années 70.
Il n'est qu'à voir les photos du
trio Froese/Franke/Baumann sur scène pour imaginer toute l'intensité
et la magie de leurs concerts de l'époque.
Et discographiquement, le triplé
"Phaedra"/"Rubycon"/"Ricochet" restera comme un des joyaux inaltérables
de la musique électronique. En effet, et c'est en cela qu'il a vraiment
été unique dans sa grande période, Tangerine Dream
s'est situé à l'exact carrefour entre le rock, la musique
électronique et la musique expérimentale. |
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Imaginez un groupe possédant les
plus gros synthétiseurs de l'époque et ne sachant absolument
pas ce qu'il va jouer en montant sur scène, c'était ça
Tangerine Dream, une surprise exploratrice permanente des sons, des rythmes
et des musiques, une aventure en terres timbrales inconnues, une messe
musicale de l'extrême. Toute une génération de musiciens
ne s'en est jamais remise et continue toujours de surfer passionnément
sur des nappes de synthés étranges et mouvantes à
la recherche de la séquence ultime. |
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Kraftwerk ou la poésie
du quotidien
Basé à Düsseldorf, dans
son célèbre et très secret studio Kling-Klang, et
composé essentiellement de Ralf Hütter et Florian
Schneider, Kraftwerk est un groupe ayant toujours revendiqué
le quotidien, le commun et le familier comme sources principales d'inspiration.
Mais dans leur vision à la fois très concrète et rêveuse,
cette banalité est magnifiée, idéalisée, conceptualisée.
Une voiture devient alors un instrument de musique abritant un autre instrument
de musique, son auto-radio, et un train se change illico en boîte
à rythmes glissant élégamment de ville en ville.
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Poète conceptualiste de la modernité
quotidienne, Kraftwerk a également été à l'origine
d'un style de musique tout aussi pop que synthétique, se faisant
le père précurseur, discret et perfectionniste de la new-wave
d'abord et de la techno ensuite, en faisant un gros détour par le
disco, le rap et les nouvelles musiques électroniques. En fait,
l'influence directe ou indirecte de Kraftwerk sur la musique actuelle a
été à la fois si massive et si transparente qu'elle
est devenue à la longue impossible à déterminer.
Mais à chaque fois que vous écouterez
des tubes de Depeche Mode ou de Eurythmics, que vous fredonnerez les dernières
chansons de Cher ou de Madonna dont les voix auront été vocodérisées,
ou encore que vous danserez en discothèque au rythme d'une musique
techno, pensez à une centrale électrique, souvenez-vous de
Kraftwerk.
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