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Droits de l'Homme en Tunisie

Conférence de Sadri Khiari
12 mai 2000, Marseille, Faculté St Charles

Cette conférence publique sur les droits de l'homme en Tunisie, s'est déroulée le 12 mai 2000, au sein de l'universitéSt Charles, à Marseille . Le public avait été infiltré par un nombre important de membres du RCD (parti du Président Ben Ali, au pouvoir en Tunisie). A l'issue des interventions à la tribune, l'ensemble des personnes présentes dans l'amphi ont pu librement prendre la parole. Aucun incident n'a été à déplorer.

Sadri Khiari est militant des droits de l'homme, membre du RAID (attac Tunisie) et membre du Conseil national pour les libertés en Tunisie.

Conférence organisée par attac et Sud Etudiants



Intervention de Jean-Luc Cipière, président d'attac Rhône

La Tunisie est un état policier.
En préambule à la conférence sur les droits de l'homme en Tunisie, jean-Luc Cipière s'en prend à Raymond Barre, maire de Lyon et ancien Premier ministre français, pour avoir affirmé, sur France Inter, que la Tunisie n'était pas "vraiment" un état policier.

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Attac restera sur le terrain des droits de l'homme
Lorsque le 8 avril 2000, le président Ben Ali a fait arrêter et jeter en prison le président et des militants du RAID (attac Tunisie), les Français, les Suisses, les Belges, les Canadiens se sont mobilisés devant les ambassades et les consulats tunisiens pour exiger la libération, l'arrêt des poursuites, des persécutions contre les membres du RAID, et la reconnaissance de l'association par le pouvoir. Pour Jean-Luc Cipière, attac restera aussi longtemps sur le terrain des droits de l'homme aux côtés de ses amis, qu'ils soient tunisiens, marocains, sénégalais ou n'importe où ailleurs, tant qu'ils n'auront pas la possibilité de jouir de leurs droits civiques élémentaires : droit d'association, droit d'expression, ...

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Lire le communiqué d'attac (Texte en français)
Lire le communiqué d'Amnesty international (Texte en français)



Interventions de Sadri Khiari, membre du CNLT


Torture généralisée au sein de l'appareil policier.

L'emploi de la torture par les policiers tunisien ne s'applique pas seulement aux détenus politiques. Toute personne arrêtée pour des délits de droit commun risque la torture sous ses formes plus barbares. Pour Sadri Khiari, l'emploi de la torture fait système au niveau de l'appareil judiciaire et policier tunisien. Il nous donne deux exemples avérés de torture particulièrement atroces. A écouter.

 

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Les tribunaux à la botte du pouvoir.
Près d'une dizaine de milliers de prisonniers politiques ont été condamnés par des tribunaux tunisien soumis au ministère de l'intérieur. Sadri Khiari précise que les condamnations ne sont pas fixées par les juges, sur la base d'enquêtes, ou en tenant compte d'une quelconque défense des inculpés : les condamnations sont décidées avant le procès par le ministère de l'intérieur. Par ailleurs, non seulement les juges refusent d'enregistrer les plaintes pour torture, mais ils empêchent les victimes de parler. Lorsque une étudiante, arrêtée par la police a voulu porter plainte relativement aux agressions sexuelles qui lui ont été infligées en prison, les juges l'ont menacés de la poursuivre pour outrage aux bonnes moeurs. Ce cynisme absolu que se permettent les juges est cautionné par le ministère de l'intérieur. Les juges refusent aussi de demander des expertises médicales que réclament les avocats afin de prouver les traces de tortures.

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Atteinte au droit d'association.
Si on écoute la propagande, il existe plus de 7.000 associations en Tunisie. Mais sur ces 7.000, à peine 5 sont indépendantes du pouvoir tunisien. Ce sont l'association tunisienne des femmes démocrates, la ligue tunisienne des droits de l'homme, la section tunisienne d'Amnesty International, l'association des jeunes avocats de Tunisie, le Conseil national pour les libertés, et quelques autres encore. Ces associations, qui existaient avant l'établissement du régime policier, ont été maintenues pour servir de vitrine au pouvoir du Président Ben Ali. Mais elles sont soigneusement encadrées, et leurs marges de manoeuvre sont restreintes. Aujourd'hui, il n'est pas possible de créer une association indépendante. L'état tunisien n'hésite pas à se mettre dans l'illégalité en violant ses propres lois, la constitution de son pays et les traités internationaux qu'elle a signé. Les personnes désirant créer une association indépendante sont bloquées dans leurs démarches administratives, doivent subir des filatures permanentes, des intimidations, des tracasseries policières, ...

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Pas de liberté de la presse en Tunisie
Aucune critique n'est possible dans un journal tunisien. Le journal qui se permet la moindre nuance par rapport au discours officiel, est suspendu, interdit, étranglé financièrement. Depuis plus de dix ans, l'ensemble de la presse tunisienne se limite à répéter le seul discours des autorités. Une membre du Conseil national pour les libertés a voulu créer un organe de presse indépendant. Sa maison d'édition a été cambriolée à trois reprises. Tout son matériel de PAO a été volé, elle a été victime d'agressions physiques, et aujourd'hui, sa maison d'édition est mise sous scellées pour trois mois. Sadri Khiari, rappelle que le journaliste Taoufik Ben Brik a été menacé relativement à ses positions critiques vis à vis du pouvoir, et que le régime a tenté de le corrompre. Pour Sadri Khiari, la politique du pouvoir tunisien repose sur deux piliers : la menace et la corruption.

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Le vent tourne, la peur change de camp.
Malgré la répression, malgré l'atteinte aux libertés, la situation politique en Tunisie change. Le vent tourne. La peur n'est plus dans le même camp. Les langues se délient. Les gens critiquent le pouvoir, critiquent le régime policier, critiquent la corruption, contestent la politique du Président Ben Ali. Nous assistons depuis quelques temps à la réactivation du mouvement démocratique en Tunisie. Sadri Khiari se réjouit de l'émergence de mouvements populaires de contestation du pouvoir. En février dernier, rappelle-t-il, dans le sud du pays, les émeutes de lycéens et de chômeurs s'en sont pris directement au pouvoir. Les revendications n'étaient pas seulement corporatistes, mais portaient aussi sur les conditions de vie, la baisse du pouvoir d'achat, l'emploi, et s'en prenaient directement au Président Ben Ali. Ses émeutes manifestaient un malaise général et ont eu un échos favorable dans l'ensemble de la population. Ces émeutes ont été brutalement réprimées. Des centaines d'arrestations ont eu lieues, des dizaines de peines de prison prononcées. Mais malgré la répression, le mouvement a rebondit dans le centre de Tunis. Depuis 1990, date de la guerre du Golfe, aucune manifestation ne s'était tenue dans le centre de la capitale. C'est pour Sadri Khiari, le signe évident d'un changement profond dans la population et d'un tournant dans la vie politique en Tunisie (tout comme la grève générale des avocats tunisiens qui protestaient contre le passage à tabac des avocats de Taoufik Ben Brik).

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La comédie électorale en Tunisie.
Pour le pouvoir tunisien, organiser des élections avec un seul candidat n'était pas très crédible. Le Président Ben Ali a donc désigné deux autres candidats pour se présenter à l'élection présidentielle contre lui. Pendant toute la campagne, ces candidats n'ont cessé de répéter qu'ils ne se présentaient pas contre le Président Ben Ali, mais juste pour que l'on enregistre de la pluralité électorale. Le caractère comique de cette campagne a été l'intervention télévisée d'un des opposant de Ben Ali. Filmé en gros plan au début de son intervention, le plan s'élargit progressivement pour découvrir, en fond, un immense portrait de son supposé rival, Ben Ali. Le résultat de l'élection a été de 99,4% pour Ben Ali. No comment.

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Le régime de Ben Ali nuit à l'étranger
Sadri Khiari reproche au pouvoir tunisien de ne pas disposer d'une direction politique, mais d'une seule direction policière. Alors que le Président Ben Ali reproche aux opposants à son régime de nuire à l'image de la Tunisie à l'étranger, Sadri Khiari s'interroge pour savoir qui nuit à l'image de la Tunisie à l'étranger. Les militants des droits humains qui défendent des valeurs universelles, ou le régime qui fait tabasser des journalistes étrangers et les envoyés de reporters sans frontières.

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Appel à la résistance et à la solidarité internationale
Sadri Khiari insiste sur l'importance des formes les plus élémentaires de solidarité. Elles sont pour nous de la plus haute importance, précise-t-il. Une lettre à prisonnier politique, une carte postale, un coup de fil aux familles, un courrier au Président, au ministère de l'intérieur, un e-mail, un fax, tout cela à un impact. La solidarité internationale donne des ailes aux mouvements démocratiques et déstabilise le pouvoir policier. Chacun, isolé, peut apporter une aide fondamentale. Et l'union de ces soutiens peut changer la donne en Tunisie.

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Déclaration constitutive du Conseil national pour les libertés en Tunisie

 

L'histoire de l'humanité nous confirme chaque jour cette vérité, que la liberté n'est pas le couronnement du développement, mais bien sa condition première. Ainsi que l'ont démontré les expériences de toutes les nations, aucun peuple délesté de sa liberté n'a jamais réussi à concrétiser ses aspirations à la justice, au progrès, à la souveraineté, à la dignité et au bien-être. Aussi, il n'existe de nos jours nul peuple qui n'ait fait de la liberté l'objectif et l'instrument de son combat.

Lisez la déclaration du CNLT (Texte en français)



 

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La veille d'entrer dans la ville de Mexico, après une marche d'un mois depuis San Christobal, le Sous Commandant Insurgé Marcos a accordé un entretien à notre envoyé spécial Louis Zollet.
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Lors du rassemblement de Millau "Le monde n'est pas une marchandise", Pierre Bourdieu, professeur de sociologie au Collège de France, analyse avec nous l'état du mouvement social. Entretien avec Chris Arden et Louis Zollet.
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Depuis maintenant deux ans, nous suivons les différents combats de José Bové et de la Confédération paysanne.
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Micro brise le silence (MBS). Le groupe de rap algérien fait parti des plus engagés de cette jeune génération d'artistes méditerranéens. Notre reporter Fabrice Metayer est allé à leur rencontre pour un entretien à la fois artistique et politique.
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Bernard Cassen est président du mouvement Attac. Pascal Lamy est Commissaire européen au commerce. Les deux hommes ne partagent pas nécessairement les mêmes approches socio-économiques du néolibéralisme, mais ont acceptés de répondre ensemble aux questions de Louis Zollet et Chris Arden.
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La Présidente de l'Observatoire de la mondialisation nous éclaire sur les mécanismes de l'oppression libérale, mais insuffle également une pensée pour réorienter nos systèmes politiques, économiques et sociaux, au service des femmes et des hommes.
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Taoufik Ben Brik
Taoufik Ben Brik est un des journaliste-écrivain victime de la répression du régime dictatorial tunisien. Malgré l'oppression de la milice du président Ben Ali à l'encontre des militants des droits de l'homme, des démocrates, des journalistes et des intellectuels, Taoufik Ben Brik a décidé de se battre avec son arme favorite : l'écriture et la parole.
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