Voyage Irlandais


Les paramilitaires respectent le cessez-le-feu mais gardent leurs armes

BELFAST, 10 décembre 2000

Même s'ils observent un cessez-le-feu depuis des années, les groupes paramilitaires demeurent l'un des principaux obstacles au processus de paix en Irlande du nord, où Bill Clinton se rendra mercredi.

CATHOLIQUES :

LES PRINCIPAUX PROTAGONISTES :

L'IRA (Armée républicaine irlandaise), la principale formation paramilitaire catholique, observe un cessez-le-feu depuis juillet 1997.

Même si son bras politique, le Sinn Féin, l'a signé, l'IRA n'est pas formellement liée par les accords de paix d'avril 1998.

L'IRA, dont le but reste une Irlande réunifiée, garde la haute main sur le plus gros arsenal de la province, constitué de missiles sol-air, d'un millier d'armes automatiques et de 2,7 tonnes d'explosifs Semtex.

Cette organisation serait responsable de la moitié des 3.500 morts de violence politique depuis trente ans en Irlande du nord. Ses effectifs, qui seraient tombés à 500 lors du premier cessez-le-feu en 1994, sont inconnus aujourd'hui.

L'IRA véritable (real IRA) a fait scission de l'IRA en novembre 1997 et a revendiqué le plus sanglant attentat jamais commis en Irlande du nord (29 morts à Omagh le 15 août 1998). Depuis officiellement en cessez-le-feu, l'IRA véritable compterait quelques dizaines de membres actifs et elle est largement soupçonnée d'une série d'attentats commis ces derniers en mois en Irlande du nord et à Londres, sans avoir fait de victimes.

LES PROBLEMES :

L'IRA a promis en mai de "mettre ses armes hors d'usage de façon totale et vérifiable", reconnaissant qu'"il s'agit d'un objectif nécessaire pour un processus de paix authentique".

Mais elle refuse de rendre ou détruire son arsenal, estimant avoir déjà fait une concession historique en ouvrant certains de ses dépôts à des inspecteurs internationaux.

Le processus de paix reste d'autre part sous l'épée de Damoclès d'un acte terroriste de l'IRA-véritable, qui a récupéré nombre de déçus de la relative modération de l'IRA.

PROTESTANTS :

LES PRINCIPAUX PROTAGONISTES :

L'UDA (Ulster Defence Association) demeure la principale formation du camp "loyaliste" (protestant extrémiste).

Utilisant parfois l'appelation UFF (Ulster Freedom Fighters), l'UDA observe un cessez-le-feu depuis 1998 et soutient le processus de paix, au même titre que l'UDP (Ulster Democratic Party), le parti politique dont elle est proche.

L'UDA regrouperait plusieurs centaines de partisans et détiendrait 200 armes automatiques, autant d'armes de poing et des explosifs, sans avoir rien rendu de cet arsenal.

L'UVF (Ulster Volunteer Force) est, comme l'UDA, coupable de nombreux meurtres de catholiques tout au long des trente ans de "troubles", mais elle est en cessez-le-feu depuis 1994. Favorable au processus de paix, elle n'a pourtant rendu aucune arme. L'UVF -- dont est issue une autre formation loyaliste, la LVF -- est proche du PUP (Progressive Unionist Party).

LES PROBLEMES :

Les règlements de compte entre milices loyalistes (UDA et UVF principalement) ont fait au moins sept morts depuis l'été dernier et obligé 200 familles de Belfast à déménager, en dépit de récentes tentatives de réconciliation.

Ces violences illustrent toute la difficulté à intégrer au processus de paix des milices qui ont prospéré grâce à l'emprise qu'elles exercent sur leur communauté et aussi, parfois, par l’extorsion ou le trafic de drogue.


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